6 juin 1944 à Etobon
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6 juin 1944 à Etobon

6 juin 1944 à Etobon

Etobon — publié le 04/06/2014

Le mardi 6 juin 1944 vécu ici, dans « le pays du BMH » par des « Gens Ordinaires »


Mardi le 6 juin 1944

Sirret vient de venir avertir Jacques que l’individu louche dont j’ai parlé est de nouveau à Chenebier depuis hier. Il faudrait l’appréhender et le détruire si c’est un espion allemand. Les enfermer, on ne peut plus.

9 heures – ça y est le débarquement Anglo – Franco – Américain ! Ce jour attendu avec impatience pour les uns et avec anxiété pour les  autres est arrivé. Le René, prévenu hier soir par Georges Surleau qui avait entendu le message : «j’irai cueillir le trèfle à quatre feuilles », n’est pas parti pour Sochaux ce matin mais l’Alfred est parti, lui.

Soir 11 heures – c’est inouï, c’est merveilleux, c’est miraculeux. La radio vient de nous donner des précisions !!! .… À Montbéliard, il y a trois inspecteurs de police de Paris vendus à la Gestapo. Ils ont fait beaucoup de mal. Il faut s’en débarrasser. Tournut et Faivre ont eu la mission de les abattre. Un coup a été monté. On leur a fait savoir que pour de l’argent, le «Vieux Trappeur » leur serait livré tel soir de la semaine, à telle heure, sur le pont de la forge de Chagey. Charles Jeand’heur y est parti depuis ici, de même que Tournut et Faivre... Ces deux derniers avaient emporté des outils pour enterrer les policiers. Tout s’est bien passé. L’auto n’était pas plutôt arrêtée qu’il y avait trois cadavres et, peu de temps après, il n’y en avait plus. Ils étaient enterrés dans le champ, en contrebas du pont. »


Document extrait du « Journal de Jules Perret », alors maréchal-ferrant du village d’Étobon et tiré du livre de Jean-Pierre Biot : « Comment ne pas perdre la tête »

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